GRANDES FIGURES Musique

Bad Bunny eleva el planeta con amor y musica (*)

Le dimanche 8 février 2026, Bad Bunny a fait danser toute la planète pendant la mi-temps du Super-Bowl. Plus de 70.000 spectateurs dans le stade de Santa Clara en Californie et 135,4 millions de télespectateurs sur toutes les chaînes du Monde. Comment un jeune chanteur de 31 ans peut-il être l’artiste le plus écouté du monde, avec 20 milliards d’écoutes en 2025  et remporter trois Grammy Awards dont celui du meilleur album de l’année pour un album entièrement chanté en espagnol ? Bad Bunny ne vient pas de rien. Il est monté sur les épaules des siens, de tous les chanteurs, de tous les danseurs venus de toutes les Amériques. Il est porté par tous les rythmes et de toutes les musiques que le continent amérindien nous offre avec tout son amour, toute son énergie incroyable puisée du fond des rivières et au sommet des montagnes. (*) Bad Bunny illumine la planète avec amour et musique)

Dona Musique n’a aucune raison, aucun pouvoir, aucune connaissance pour parler du chanteur portoricain Bad Bunny. Aucune raison et toutes les raisons, car depuis toujours la musique née en Amérique latine nous inspire et nous élève. Et bien sûr, bien sûr, jamais la musique n’a été pouvoir ni politique, bien sûr. Cela fait longtemps que les musiciens et les artistes parlent du rendez-vous que l’Europe, l’Occident et l’Amérique Latine, le peuple andin, espèrent depuis des siècles. Allez, osons faire le pont par-dessus l’Atlantique pour faire le lien entre la Controverse de Valladolid et le Superbowl…

C’était entre le 15 août 1550 et le 4 mai 1551, il avait fallu neuf mois aux grands hommes réunis au collège San Gregorio de l’université de Valladolid sous le pontificat du pape Jules III à la demande de Charles Quint pour débattre de l’âme des Indigènes. C’était important, car de là dépendait l’asservissement du Nouveau Monde, de ces terres riches et fécondes que les conquistadors espagnols étaient en train de mettre sous leur coupe. La question était de savoir si les peuples améridiens, les Indios, étaient bien les propriétaires de leur terre ou si les Espagnols pouvaient se fonder sur un droit de conquête pour dominer et convertir par la force les populations indigènes. C’était tout le sujet, quelque part aussi, du Soulier de Satin qui a enfanté Dona Musique, celle qui choisit d’inventer son bonheur sans rien vouloir conquérir.

Jeremy Iron dans « Mission » (1986) de Roland Joffé

Le premier rendez-vous avait été raté, mille fois hélas, et les peuples andins ont été martyrisés. C’était le sujet du film « Mission » de Roland Joffé en 1986 qui racontait les réductions des missions Jésuites dans les années 1750 aux confins du Paraguay, de l’Argentine et du Brésil. Depuis, les guerres de libérations sont passées sur tous ces pays, souvent soufflées par le vent de l’indépendance des État-Unis et de la Révolution Française. Ces idées avaient circulé notamment grâce à la traduction de la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen française par le colombien Antonio Nariño. Et qu’en est-il aujourd’hui ?

La musique latino nous fait vibrer encore et toujours. C’était déjà cela dans West-Side Story quand Léonard Bernstein transportait Roméo et Juliette dans le New-York des années 1950 où deux gangs rivaux, les Jets (Américains d’origine polonaise, irlandaise et italienne) affrontaient les Sharks (immigrés d’origine portoricaine).

Dès la fin des années 1950, en Europe, avec les premiers groupes venus de la cordillère des Andes, les Guaranis, los Incas, los Chacos, ont apprivoisé nos oreilles aux flûtes, aux percussions, aux mélodies venues des Andes. Avec « El Condor Pasa », chant traditionnel et véritable hymne universel qu’ils popularisaient en 1964, los Calchakis transportaient pour la première fois ceux qui les écoutaient au sommet de la Cordillère des Andes. Le poète Victor Jara avait aussi été le directeur musical du groupe chilien, les Quilapayún qui demanda l’asile politique en France au moment du coup d’état fasciste du général Pinochet, le 11 septembre 1973 au Chili.

A plus forte raison, après l’assassinat de Victor Jara, ils sont devenus des hymnes à la liberté et à la non-violence. D’ailleurs, en ouverture de son concert au Chili, le 11 janvier 2026, Bad Bunny a repris la chanson de Victor Jara, El derecho de vivir en paz (The Right to Live in Peace,  le droit de vivre en paix, manifeste contre la guerre au Vietnam qu’il chantait en 1971).

Sur le continent Sud-Américain, il a fallu du temps et des générations aussi pour que les peuples péruviens, boliviens, colombiens, et tous les autres fassent la reconquête de leur fierté et osent affirmer la beauté de leurs musiques. La balance s’est faite il y a quelques dizaines d’années avec la lente montée de la Salsa, la Bachata, du Merengue. Ces danses de la vie et de l’amour se sont tranquillement émancipées du continent sud-américain pour venir séduire nos pieds et nos coeurs.

Bad Bunny est arrivé sur tout cela et il s’en est nourri. Né le 10 mars 1994, fils de Tito Martinez, chauffeur routier et de Lysaurie Ocasio, Benito Antonio Martinez Ocasio écoutait les ballades et dansait déjà la salsa et le merengue avec eux, comme tous les enfants de latinos. Avec sa mère aussi, il allait tous les dimanches à l’église et chantait dans la chorale. Il passé ainsi de la messe à ses premières compositions, dès l’âge de 14 ans et a emprunté son nom Bad Bunny à un costume de lapin qu’il avait dû porter contre son gré et qu’il avait détesté.

On l’a d’abord défini comme un rappeur, un catcheur, un chanteur de reggaeton,  et c’est ainsi qu’il a connu cette ascension fulgurante avec son premier tube, Diles (Dis-leur), en 2016, puis son premier album à succès, Un Verano Sin Tí (Un été sans toi. Le dernier Debi Tira Mas Fotos (DTMF, j’aurais dû prendre plus de photos) devient un hymne à la vie et à la joie venue d’Amérique Latine en empruntant aux rythmes traditionnels de Salsa, de Bachata qui ont bercé son enfance. Il nous donne envie d’aller voir ces paysages, de partager une fête simple et chaleureuse sur l’île de Porto Rico ou dans les montagnes des Andes comme les familles aiment à la célébrer.

Un show inolvidable : un mariage en direct et une salsa avec Lagy Gaga à la mi-temps du Superbowl à Santa Clara, le 8 février 2026

Avec lui, l’Amérique Latine déferle sur le monde, et c’est une vague, non pas de violence, mais d’amour, et de joie. Et la volonté farouche que ces valeurs, cette pagaille joyeuse, cette liesse amicale ne soit plus jamais éteinte comme le chante le plus nostalgique de ses titres : Lo que le pasó a Hawaii (Qu’est-il arrivé à Hawaïi ?).

Pas de menace, pas de vengeance, juste l’espoir et la confiance ainsi qu’il l’a dit, après avoir fait le signe de croix, dimanche à Santa Clara « la seule chose qui est plus puissante que la haine est l’amour » et que « Dieu bénisse l’Amérique » (God bless America) en nommant tous les pays – sans exception – du Chili au Mexique, en passant par le Costa Rica, le Guatemala, l’Équateur, le Brésil, le Pérou, la Colombie, le Vénezuela, l’Uruguay, le Paraguay, la Bolivie, le Suriname, le Guyana, Cuba, le Canada, les États-Unis, et bien sûr Porto Rico, sa patrie, qui font que l’Amérique est Grande.

La tournée mondiale de Bad Bunny passer en 2026 par l’Amérique latine, l’Australie et l’Europe entre novembre 2025 et juillet 2026. Les 4 et 5 juillet 2026, il sera à Paris au Paris La Défense Arena

Album Debi Tirar Mas Fotos, grammy 2026

Le crapaud Concho, la mascotte de Bad Bunny, veillait aussi sur le SuperBowl, dimanche 8 février. Espèce endémique menacée, il est le symbole de la résistance de Porto Rico. Plus d’infos sur el sapo Concho par ce lien : https://jiec.fr/le-crapaud-concho-protagoniste-timide-du-nouvel-album-de-bad-bunny-et-symbole-de-la-resistance-a-porto-rico/

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